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CES 2026 : Le moment ChatGPT de la robotique ?

“Le moment ChatGPT pour le 'Physical AI' est arrivé.”
Si vous ne deviez retenir qu'une phrase de ce CES 2026, c'est celle-ci. Elle a été prononcée par nul autre que Jensen Huang, le CEO de NVIDIA, lors de son allocution d'ouverture. Et il a raison : l'IA ne se contente plus de générer du texte ou des images, elle prend désormais corps dans le monde réel.
Le CES était sans surprise rempli d'entreprises robotiques : Boston Dynamics, Hugging Face, Nvidia, Neura, AGIBOT... Mais les vedettes cette année ? Les humanoïdes. Au milieu de cette foule de droïdes, une star a éclipsé la concurrence. Pas de suspense inutile : parlons d'Atlas.

Le "Best of" CES 2026 : La renaissance d'Atlas de Boston Dynamics
C’est LA révélation du salon. Boston Dynamics a enfin levé le voile sur la version commerciale de son humanoïde Atlas.
Oubliez les vidéos virales de parkour d'il y a quelques années. L'ancien Atlas était une machine de recherche hydraulique, lourde et complexe, avec des fluides et des câbles partout. Le modèle 2026 est une rupture totale :
- 100% électrique : Plus de fuites d'huile, plus de bruit infernal. Boston Dynamics avait déjà montré une version électrique depuis 1 an, mais la version commerciale est encore plus propre et sécuritaire.
- Maintenance éclair : C'était la grande promesse du stand. Grâce à sa conception modulaire, BD promet un remplacement de membre (bras ou jambe) en moins de 15 minutes. Un argument de poids pour les industriels qui ne peuvent pas se permettre d'arrêts de chaîne.
- Le gabarit : Il mesure environ 1m90 pour 90 kg. Compact, dense, mais capable de soulever des charges lourdes grâce à des actuateurs surpuissants, tout en changeant lui-même ses batteries pour une opération 24/7.
Le Cerveau : Les retrouvailles avec Google
En parallèle, Boston Dynamics a officialisé une nouvelle majeure : sa collaboration avec Google DeepMind.
L'ironie est savoureuse : Google avait revendu la compagnie à SoftBank en 2017. Près de 10 ans plus tard, ils reviennent par la grande porte.
Pourquoi ce partenariat ? Pour intégrer les foundation models Gemini Robotics de Google DeepMind dans Atlas. L'objectif est de donner au robot une capacité de raisonnement cognitif, lui permettant de s'adapter à des tâches non scriptées.
Il s'agit également d'une histoire d'hommes : ce rapprochement est facilité par des liens étroits, comme le passage d'Aaron Saunders (ex-CTO de Boston Dynamics) chez Google DeepMind fin 2025.

Une stratégie industrielle élitiste
Contrairement à certains concurrents qui visent le grand public ou le tout-venant, Boston Dynamics cible des partenaires stratégiques.
- Hyundai d'abord : La maison mère (Hyundai Motor Group) monopolise la production initiale pour 2026. Les robots seront déployés dans le nouveau "Robot Metaplant Application Center" (RMAC) pour valider la technologie.
- Google ensuite : Une flotte est également prévue pour Google DeepMind afin d'accélérer l'apprentissage de l'IA.
- Et les autres ? Il faudra patienter. L'ouverture aux autres clients est annoncée pour début 2027.
L'ambition de Hyundai est claire : industrialiser la production du robot lui-même. Avec des actionneurs fournis par sa filiale Hyundai Mobis, le groupe vise une capacité de production de 30 000 unités par an d'ici 2028, pour une intégration sur des tâches d'assemblage complexes à l'horizon 2030.

L'intégration dans Orbit
Enfin, Atlas ne travaille pas seul. Il s'intègre nativement à Orbit, le logiciel de gestion de flotte de Boston Dynamics qui pilote déjà le robot-chien Spot. Cela permet une connexion directe aux systèmes industriels (WMS, MES) : Spot peut détecter une anomalie, et Atlas peut intervenir physiquement pour la corriger.
Cette démonstration de maturité technologique et industrielle a permis à Boston Dynamics de rafler, sans conteste, le titre de "Best of CES 2026". De quoi rendre jaloux les autres acteurs présents sur place !

NVIDIA x Hugging Face : Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’open-source robotique
Si Boston Dynamics a gagné la bataille du hardware, c'est ailleurs que se joue la guerre de l'intelligence. En deuxième position de ce podium, impossible de passer à côté de l'annonce commune entre le géant des puces, NVIDIA, et le champion de l'open-source, Hugging Face.
Depuis l’annonce de son robot d’apprentissage Reachy Mini 2 fin 2025, Hugging Face montre la voie vers l’open source robotique, permettant aux développeurs de partager des connaissances librement. Et lorsqu’un géant comme NVIDIA décide de suivre ce chemin tracé, les roboticiens ont de quoi sourire.

Ce qui a été annoncé
Jensen Huang (CEO de NVIDIA) et Clem Delangue (CEO de Hugging Face) ont présenté une vision commune : démocratiser l'accès aux cerveaux robotiques. Pour cela, deux points sont remarquables :
1. Les modèles de pointe de NVIDIA sont accessibles à tous sur Hugging Face.
C'est comme si un grand chef étoilé donnait ses recettes secrètes à tout le monde. NVIDIA a annoncé la mise à disposition immédiate (sur Hugging Face) de ses modèles d'IA "Physical AI" les plus avancés, comme NVIDIA Cosmos. Ce dernier intègre une compréhension aiguë des lois de la physique (gravité, collisions), là où les modèles précédents se contentaient de déduire des probabilités visuelles (ils "devinent" que l'objet tombe par habitude parce qu’ils ont vu des miliers d’exemples où cela se produit, mais ils ne connaissent pas le concept de gravité à proprement parler).
À ses côtés, on trouve NVIDIA Isaac GR00T, un modèle "Vision-Language-Action" qui débloque le contrôle intégral des humanoïdes : comme son nom l'indique, il analyse ce qu'il voit (vision), comprend ce que vous lui demandez (language) et transforme instantanément le tout en mouvement coordonné (action).
2. Le framework LeRobot intègre désormais la simulation professionnelle.
Hugging Face propose "LeRobot", un outil standard pour entraîner les robots. L'énorme nouveauté, c'est que cet outil intègre désormais les technologies de simulation de NVIDIA (Isaac Lab-Arena). Fini l'enfer de la configuration et des installations complexes. Désormais, via LeRobot, les développeurs peuvent lancer des simulations photoréalistes pour entraîner leurs robots en quelques lignes de code seulement.

L'ère du "Généraliste-Spécialiste"
Jusqu'ici, les robots étaient des spécialistes. Avec ces modèles "Cosmos" et "GR00T" disponibles en open-source, NVIDIA et Hugging Face nous font entrer dans l'ère des robots "Généralistes-Spécialistes". Comme l'explique Rev Lebaredian de NVIDIA, c'est comme si nos robots venaient d'obtenir leur doctorat : ils ont enfin la culture générale nécessaire pour s'adapter à notre monde imprévisible.
Le reste du monde : 3 pépites qu'il ne fallait pas rater
Derrière les mastodontes, le CES 2026 regorgeait d'innovations plus discrètes mais tout aussi transformatrices. Voici mon "Top 3" des outsiders qui redéfinissent nos interactions avec les machines.

La maison intelligente prend vie (LG & Samsung)
Fini les aspirateurs qui se cognent contre les murs. LG a présenté la nouvelle itération de son AI Agent, ce petit robot domestique sur deux roues. Contrairement à Alexa ou Siri qui sont des voix désincarnées, ce robot "habite" avec vous. Il ne se contente plus de gérer la domotique ; il surveille les animaux, détecte les émotions de l'utilisateur grâce à la reconnaissance faciale et patrouille la maison. C'est l'évolution logique : l'assistant vocal devient un majordome mobile.

L'Exosquelette devient invisible (German Bionic)
Côté pro, la tendance n'est plus aux armures d'Iron Man, mais à la discrétion. German Bionic a dévoilé une "combinaison active" (e-suit) qui ressemble à une simple veste de travail. Pas de moteurs bruyants, mais des fibres textiles actives qui réduisent la charge de 30 kg sur le dos des travailleurs à chaque manutention. C'est la robotique qu'on porte sur soi, et c'est probablement celle qui sera adoptée le plus vite dans les entrepôts logistiques.

Agibot arrive sur le marché américain
Agibot ne vient pas au CES pour faire de la figuration. Le constructeur chinois a officialisé ses ambitions américaines avec une double offensive.
Côté Software : Ils ont dévoilé Genie Sim 3.0. Le point technique clé? Au lieu de réinventer la roue, ils ont construit une surcouche unifiée au-dessus de NVIDIA Isaac Sim. Cela leur permet de générer des données synthétiques et de valider le "Sim-to-Real" (transfert du virtuel au réel) quasi instantanément pour des tâches de manipulation fine. Ils prouvent qu'on peut sortir des produits plus vite en s'appuyant sur l'écosystème NVIDIA plutôt qu'en le combattant.
Côté Hardware : C'est là que ça fait mal. Avec leurs nouveaux modèles présentés (comme la série Expedition A2), ils attaquent le marché sur le coût. La promesse ? Un humanoïde capable, modulaire, mais à une fraction du prix des concurrents américains.
Conclusion
Avec du hardware mature comme Atlas et une intelligence robotique largement accessible grâce à l’alliance NVIDIA et Hugging Face, l’industrie passe des prototypes au déploiement réel.
Les robots ne sont plus de simples curiosités virales. Ils deviennent des outils opérationnels, conçus pour s’intégrer aux systèmes existants, s’adapter à des environnements complexes et générer un impact concret sur le terrain.
Chez Osedea, ce changement est déjà tangible. Nous accompagnons les organisations pour concevoir, développer et déployer des systèmes robotiques intelligents, de la perception et la prise de décision jusqu’à l’intégration dans le monde réel. Qu’il s’agisse d’autonomie, d’interaction homme-robot ou de passage d’une preuve de concept à la production, nos équipes transforment le Physical AI en solutions fiables et utilisables.
L’ère du Physical AI est là. La question n’est plus de savoir si la robotique transformera les opérations, mais à quelle vitesse les organisations sont prêtes à l’adopter. Parlons de comment nous pouvons concrétiser votre vision.

Cet article vous a donné des idées ? Nous serions ravis de travailler avec vous ! Contactez-nous et découvrons ce que nous pouvons faire ensemble.

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